Bien conserver les plantes toute l'année
- LaTribuDesCueilleurs

- il y a 4 heures
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Bien conserver ses plantes sauvages est une étape essentielle pour profiter de leurs bienfaits tout au long de l’année. Une plante bien récoltée mais mal conservée perd rapidement ses arômes, ses principes actifs et parfois même sa sécurité d’usage. La conservation commence dès la cueillette et se prolonge dans chaque geste posé ensuite.
Tout d’abord, il est important de récolter les plantes au bon moment et dans de bonnes conditions. Une plante cueillie humide, après la pluie ou la rosée, se conservera mal et risque de moisir. Il est préférable de cueillir par temps sec, en milieu de journée, lorsque la plante est bien ressuyée. Les parties abîmées, jaunies ou malades doivent être écartées immédiatement afin de ne pas contaminer le reste de la récolte.
Le séchage est la méthode de conservation la plus courante et la plus accessible. Les plantes doivent être séchées rapidement mais en douceur, à l’abri de la lumière directe, dans un endroit sec et bien ventilé. Les feuilles et les fleurs se disposent en couche fine sur un linge ou un claie, ou se suspendent en petits bouquets. Les racines, quant à elles, doivent être soigneusement lavées, découpées en morceaux et séchées plus longuement. Une plante est correctement sèche lorsqu’elle se casse nettement entre les doigts. Un séchage insuffisant entraîne des moisissures, tandis qu’un séchage trop chaud altère les actifs.
Une fois les plantes parfaitement sèches, le stockage est déterminant. Les bocaux en verre hermétiques sont idéaux pour protéger les plantes de l’humidité. Ils doivent être conservés à l’abri de la lumière, de la chaleur et des variations de température. Les sacs en papier kraft peuvent convenir pour un stockage temporaire, mais le verre reste la solution la plus fiable sur la durée. Chaque bocal doit être étiqueté avec le nom de la plante et l’année de récolte afin de garder une trace claire et éviter les confusions.
Certaines plantes gagnent à être conservées sous d’autres formes. Les huiles végétales permettent de conserver les plantes à usage externe, comme le millepertuis ou le plantain. Les sirops et les miels infusés prolongent les usages des fleurs et des feuilles aromatiques. Les vinaigres et les alcoolatures sont également des moyens efficaces pour extraire et conserver les principes actifs sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Les poudres, obtenues à partir de plantes parfaitement sèches, offrent une conservation pratique et concentrée, à condition d’être protégées strictement de l’humidité.
Il est essentiel de surveiller régulièrement ses réserves. Une odeur inhabituelle, une couleur qui change ou la présence de condensation sont des signes que la plante ne doit plus être utilisée. Mieux vaut jeter une plante douteuse que de prendre un risque inutile. Les plantes séchées se conservent en général entre un et deux ans, parfois moins pour les feuilles très aromatiques, parfois plus pour certaines racines.
Bien conserver ses plantes sauvages, c’est prolonger le lien créé lors de la cueillette. C’est aussi respecter le travail du vivant et le temps offert par la nature. Une bonne conservation permet de traverser l’hiver, de soutenir le corps au fil des saisons et de garder, dans ses bocaux, une part de la richesse des paysages cueillis.



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